Open access

Depuis dix années, les coûts exponentiels de l’accès aux publications scientifiques ont conduit à diverses manifestations :

  • au niveau international de la communauté scientifique avec, entre autres, l’Initiative de Budapest en 2002, la Déclaration de Berlin de 2003 et la déclaration de Bethesda en 2004, en faveur de l’Open Access ;
  • en France, des décideurs des établissements de recherche et universitaires et des professionnels de l’IST avec la création de consortium d’achat, principalement Couperin ;
  • des gouvernements : pour la France, par le soutien à l’Archive Ouverte HAL(Hyper Article en Ligne), au programme de numérisation Persée et à celui de l’édition électronique ouverte OpenEdition, et plus récemment au programme d’achat de licences nationales, à la plateforme ISTEX.

L’infrastructure BSN (Bibliothèque scientifique numérique) vise à mettre en cohérence l’ensemble des actions engagées sur le territoire et marquées par la volonté de développer l’Open Access sous diverses formes. Elle participe de la démarche engagée par la Commission Européenne depuis plusieurs années et exposée dans sa communication du 17 juillet 2012 produite par sa DG « Réseaux de communication, contenu et technologie », qui soutient différents modèles de l’Open Access et insiste sur le juste retour de l’utilisation des fonds publics investis dans la recherche.

Dans le cadre de BSN, l’ensemble des organismes, universités et grands établissements de recherche français affirment leur soutien à l’Open Access à la fois pour alléger les coûts de l’information scientifique et technique mais aussi pour favoriser la circulation des savoirs scientifiques pour tous, la communication scientifique directe, ou de nouveaux modes de communication entre communautés scientifiques. Le 24 janvier 2013, la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Geneviève Fioraso a confirmé le soutien du gouvernement à cette démarche.

BSN entend sortir du débat qui oppose deux voies : la voie dite « verte » et la voie dite « gold ». Certes la signature de la convention inter établissements autour de l’archive ouverte nationale HAL du 2 avril 2013 et des archives institutionnelles qui lui sont liées témoigne du soutien déterminé à la voie verte mais ce soutien n’est pas exclusif.

En effet, d’autres modèles sont envisageables qui peuvent résulter de discussions avec :

  • des éditeurs privés particulièrement conscients des potentialités des nouveaux modes de communication comme des contraintes budgétaires des établissements d’enseignement supérieur et de recherche ;
  • des éditeurs publics qui voient le cadre de leur mission renouvelé.

La défense de l’Open Access n’est pas synonyme de combat contre des éditeurs monopolistiques ou d’absence de modèle économique. Elle suppose au contraire une parfaite connaissance des modèles économiques actuels, une reconnaissance de la diversité des pratiques des différents éditeurs et la recherche de nouveaux équilibres.

A ce titre, un suivi du développement du modèle gold est mené dans le cadre de BSN pour éviter trois risques lourds que ce modèle pourrait faire peser sur le processus de publication scientifique :
– Un coût transitoire très élevé
– Un transfert des inégalités de l’accès à l’inégalité devant la production des publications
– Une perte de crédit des publications scientifiques

En tant qu’infrastructure, BSN est un projet destiné à garantir la pérennité de l’information scientifique. Basée sur l’existence de positions communes et de coordinations fortes, BSN doit servir l’exercice d’une science libre et ouverte.