Edition

Entre 1996 et 2012, le nombre d’articles scientifiques publiés annuellement est, selon les chiffres communiqués par Scimago (www.scimagojr.com) passé de 1 134 000 à 2 250 000, avec une nette accélération depuis 2004, en phase avec la percée des pays émergents (et tout particulièrement de la Chine). Dans le même temps quelques grands éditeurs internationaux ont imposé aux bibliothèques des offres de « big deal » qui mettent en difficulté les institutions et ont contribué à donner une image de l’édition fort éloignée de l’image initiale « au service de » la science, des scientifiques et de leurs institutions.

Considérer que la médiation éditoriale n’a plus de sens, plus d’utilité, plus de valeur ajoutée est aussi peu pertinent que de considérer que l’intervention de l’enseignant n’a plus lieu d’être car tous les cours sont accessibles facilement dans la « grande bibliothèque/école du web ».

La médiation éditoriale comme l’intervention de l’enseignant n’ont, au contraire, jamais été aussi indispensables. Le web est la plus grande réserve de textes qui n’ait jamais existée et, sans « accompagnateur » il peut faire le lit de la désinformation, de la méprise voire de l’oubli.

Tout projet éditorial pour donner de la lisibilité aux connaissances qu’il entend diffuser, suppose une intention intellectuelle et la maîtrise de nombreux savoir-faire. C’est le cas pour l’édition papier comme pour l’édition électronique. Editer sur papier n’est pas réductible à l’acte d’imprimer. Editer sur le web ne revient pas à déposer un fichier PDF sur un serveur. Les métiers de l’édition se sont diversifiés, complexifiés car l’édition scientifique électronique doit être lisible, manipulable et durablement citable. Le tournant est déjà pris qui impose aux articles scientifiques de fournir les corpus et les données qui les sous-tendent ce qui suppose notamment un travail de documentation, de structuration de l’information et le développement d’interopérabilités. Tout ceci a un coût dont il convient de tenir compte.

En matière d’édition, la Bibliothèque scientifique numérique (BSN) met en place deux types d’action :

-  le soutien à l’édition publique afin qu’elle soit en mesure de relever les défis actuels (voir les travaux de BSN 7)
-  une plateforme d’échange avec les éditeurs : ce dispositif de concertation comporte un volet pédagogique (Observatoire du numérique) et un volet édition scientifique. Dans ce cadre, le groupe stratégique sur l’édition scientifique numérique vise à construire une stratégie commune pour améliorer le positionnement de l’édition scientifique française dans l’espace scientifique international.